Les Observatoires Locaux des Loyers (OLL)
Depuis 2013, le réseau des Observatoires locaux des loyers (OLL) a joué un rôle majeur dans l’amélioration de la connaissance du parc locatif privé en France. Actuellement, il regroupe 37 observatoires répartis sur 67 agglomérations, fournissant des données précises sur les loyers. Ces informations sont essentielles pour guider les politiques publiques locales et offrent une meilleure compréhension des dynamiques du marché locatif.
Le marché locatif privé français se distingue par une grande diversité, tant au niveau des loyers que des dynamiques de marché. Les Observatoires locaux des loyers ont été créés pour répondre à un besoin croissant de transparence, facilitant ainsi l’évaluation des loyers. En 2025, ces observatoires couvrent une large portion du territoire, avec un accent particulier sur les appartements de 3 pièces, les plus fréquemment loués. Ils permettent d’analyser en détail les disparités régionales, mettant en évidence les écarts entre les grandes métropoles et les agglomérations plus petites.
À propos du parc locatif privé d’avant-guerre
Le parc locatif privé antérieur à 1946 représente environ un logement sur trois, soit plus de 6 millions de résidences. Ces logements, souvent petits et anciens, sont détenus majoritairement par des bailleurs privés et présentent des loyers variés, allant des plus bas aux plus élevés. Ils rencontrent des défis de vacance et de décence, en raison de leur âge et du manque d’entretien. Des politiques comme le Programme National de Requalification des Quartiers Anciens Dégradés (PNRQAD) visent à encourager leur rénovation. Les appartements de 2 pièces sont les plus fréquents, suivis de ceux de 3 pièces, avec des loyers influencés par l’état du bien et la demande locale.
Évolution des loyers de 2021 à 2023
Depuis 2024, des indicateurs d’évolution des loyers ont été introduits, permettant de suivre les variations sur une période de deux ans. Les augmentations restent généralement modérées dans les villes des agglomérations les plus tendues, où les bailleurs doivent se conformer à un encadrement des loyers lors des relocations ou des renouvellements de baux. Cet encadrement repose sur l’indice de référence des loyers (IRL) publié par l’Insee, qui limite l’ampleur des hausses.
Certaines villes, telles que Lille, Grenoble et Aix-en-Provence, ont enregistré des évolutions de loyers inférieures à l’IRL, montrant ainsi une stabilité relative. D’autres agglomérations, comme Besançon ou Chalon-sur-Saône, ont également connu des hausses modérées, bien que légèrement supérieures à celles observées dans les zones les plus tendues.
En revanche, des villes comme Lyon, Nice et Toulouse, où les loyers étaient déjà élevés, ont vu des augmentations supérieures à l’IRL. Paris, avec son propre mode de calcul, suit également cette tendance, enregistrant des hausses qui dépassent l’indice de référence.
Enfin, dans l’Ouest de la France, des villes comme Lorient, Vannes et Saint-Malo, qui bénéficient d’une forte attractivité résidentielle, ont observé des hausses plus marquées des loyers. Cependant, ces hausses demeurent généralement limitées à moins de 5 %, notamment dans les zones soumises à la taxe sur les logements vacants (TLV), visant à réguler l’offre de logements dans ces régions.
Loyers des 3 pièces : inégalités territoriales
Les loyers des appartements de 3 pièces varient considérablement d’une région à l’autre, illustrant la diversité des dynamiques du marché immobilier français. Les prix au mètre carré oscillent entre 6,9 € et 24,1 €, avec des disparités marquées selon les zones géographiques. Les grandes métropoles comme Paris, Lyon et Marseille, ainsi que les régions littorales de l’Atlantique et de la Méditerranée, connaissent des loyers particulièrement élevés en raison de la forte demande et d’une offre souvent insuffisante.
L’agglomération parisienne se distingue par ses loyers particulièrement élevés, atteignant 24,1 € par mètre carré pour Paris intra-muros et 15,4 € pour le reste de l’agglomération. Cette situation résulte de la pression exercée par une demande de logements toujours croissante, couplée à une offre limitée, ce qui rend l’accès au logement dans la capitale particulièrement difficile.
D’autres zones, comme les Alpes proches de la frontière suisse et le pourtour méditerranéen autour de Nice et Aix-Marseille, suivent cette tendance à des loyers élevés. Les territoires ultramarins, tels que Pointe-à-Pitre et certaines régions de La Réunion, connaissent également des prix relativement élevés, bien qu’ils soient en dehors des grandes métropoles.
À l’inverse, certaines villes comme Châteauroux, Alençon, Saint-Étienne ou Mâcon affichent des loyers bien plus abordables, inférieurs à 8 € par mètre carré. Ces agglomérations, souvent de moins de 150 000 habitants, connaissent un dynamisme économique plus modéré, ce qui entraîne une pression moins forte sur les loyers.
Pour aller plus loin :
Pour aller consulter l’étude « Les loyers du parc privé en France » publié par le Ministère chargé du logement en intégralité :
Christian-Olivier Kajabika
Rédaction des Experts du Patrimoine (Village des Notaires)