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![]() Travaux non ou mal réalisés : liquidation judiciaire et prêt bancaire
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Parution : jeudi 29 août 2024
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Habituellement, le contentieux relatif aux travaux est envisagé ainsi :
Responsabilité contractuelle avant la réception des travaux ;
Garantie de parfait achèvement, garantie biennale et garantie décennale après réception.
Alors pourquoi envisager la résolution du contrat de crédit adossé ?
Dans certains cas, l’entreprise n’est pas assurée (pas de décennale, etc.), est en liquidation judiciaire et parfois même poursuivie pour escroquerie / abus de faiblesse ou autre qualification pénale. Dans ces cas, il est complexe de se retourner vers l’entreprise qui sera rarement solvable. Certes, il est possible dans certains cas de porter plainte et de se constituer partie civile mais il existe une solution civile qui a le mérite de viser un débiteur solvable.
C’est le cas lorsque les travaux sont financés par un crédit dit adossé. Et c’est souvent l’entreprise elle-même qui propose la souscription d’un crédit en étant mandatée par la banque.
Si vous avez prévu de faire réaliser des travaux, une liste de vérifications à réaliser peut vous éviter les malfaçons, non façons, non conformités, abandons de chantier, procédures judiciaires, tromperies, escroqueries, etc., cette liste vous apporte des indices (qui restent des indices, cela ne signifie pas pour autant que l’entreprise ciblée ne doit pas être choisie pour les travaux) sur le sérieux de la prestation à venir.
Dans les domaines et situations suivants (liste non exhaustive), il ressort notamment de la jurisprudence que les chances de faire l’objet d’une tromperie, escroquerie, abus de confiance, pratique commerciale trompeuse ou agressive, etc. :
Les entreprises sont parfois mandatées par les banques pour la prescription de crédit à la consommation adossé aux travaux. Si cela n’implique en aucun cas une absence de professionnalisme, il conviendra d’être particulièrement vigilant lors de la réception des travaux et des documents que l’on signe. Étant précisé que la présence d’un crédit peut parfois permettre au consommateur d’amenuir les conséquences pécuniaires de travaux mal ou non réalisés.
Préalablement à la signature du contrat, ne pas hésiter à solliciter une attestation d’assurance décennale valable pour les travaux envisagés et en vigueur à la date des travaux (le numéro de police d’assurance figurant au devis n’en assure pas l’existence).
Attention au revirement jurisprudentiel sur l’assurance décennale/biennale/bon fonctionnement (Cass. 3e civ., 21 mars 2024, n°22-18.694) : « C’est pourquoi il apparaît nécessaire de renoncer à cette jurisprudence et de juger que, si les éléments d’équipement installés en remplacement ou par adjonction sur un ouvrage existant ne constituent pas en eux-mêmes un ouvrage, ils ne relèvent ni de la garantie décennale ni de la garantie biennale de bon fonctionnement, quel que soit le degré de gravité des désordres, mais
de la responsabilité contractuelle de droit commun, non soumise à l’assurance obligatoire des constructeurs ».
L’interprétation d’un arrêt n’est jamais simple mais cela signifie qu’en principe, l’installation d’une pompe à chaleur ou d’un poêle à bois (par exemple) ne bénéficient pas (notamment) de l’assurance décennale (tout dépendra de l’interprétation de la motivation de la décision de la Cour et de la casuistique).